Brokeback Mountain Forever


 
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 L'amour n'a pas de règles

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vuillermo

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Dim 26 Mar 2006 - 18:52

la source ne doit pas se tarir
pense à jack pour écrire utilise son enthousiasme
à lureen aux autres personnages y a plein de pistes
fais parler jack le jack idéaliste et enthousiasme que tu apprécies
la source nostalgique et mélancolique s'epuise peut etre
mais la source optimiste et légère tu ne l'as pas encore exploitée
au plaisir de te lire
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jorginho

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Dim 26 Mar 2006 - 18:57

Bonne soirée à vous, à bientôt au coin du feu ou ailleurs. J'arrête l'ordinateur pour quelques heures, peut-être à plus tard.
Mes pensées à arauco. sunny
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Holdgirl

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Dim 26 Mar 2006 - 19:11


Petit Georges... Entre Brassens et Moustaki ?
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jacktwits

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Dim 26 Mar 2006 - 19:27

A plu tard, Jorginho.

Nanie a raison: tu ne dois pas nous quitter,
ne serions trop tristes et toi aussi, a quoi bon donc...

Wink
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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Lun 27 Mar 2006 - 12:17

Jorginho, surtout n'arrête pas d'écrire.
Je veux continuer à te lire, ENCORE ET ENCORE. cheers
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NYCO

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Lun 27 Mar 2006 - 12:42

Jorginho,je viens à peine de lire ton texte et je suis bien d'accord pour te dire que c'est le plus beau que tu es écris!
simple,intence,perso(?)
Total repect!

"Le respect est le lien de l'amitié - Proverbe oriental"
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jacktwits

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Lun 27 Mar 2006 - 18:28

I love you
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jorginho

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Lun 27 Mar 2006 - 18:41

Merci à tous.
I love you
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jorginho

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Lun 27 Mar 2006 - 19:13



1900 Style
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Nanie

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Lun 27 Mar 2006 - 20:44

A Ennis et Jack

C'est peut-être ça
L'amour, le grand amour
C'est peut-être ça
Qui m'a pris à mon tour
Ce je ne sais trop quoi
Qui fait froid dans le dos
Et soudain donne chaud
Quand tout le monde a froid...

C'est peut-être ça
Qui fait battre le coeur
Et pendant des heures
Vous fera rester là
Devant un téléphone
Pour entendre une voix
Devant un téléphone
Qui ne sonnera pas...

C'est peut-être ça
L'amour, le grand amour
C'est peut-être ça
Qui m'a pris à mon tour
Ce sentiment brutal
Lorsque tout allait bien
De se sentir très mal
Sans savoir d'où ça vient

C'est peut-être ça
Qui fait pleurer de rire
Et vous fait courir
A minuit sous la pluie
Sous la pluie, sans manteau
En gueulant qu'il fait beau
En gueulant que la vie
'y a rien de plus joli...
Avant, juste avant
D'aller se foutre à l'eau...

C'est peut-être ça
L'amour...Le Grand Amour!...

Charles Dumont
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jorginho

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Lun 27 Mar 2006 - 20:57

CADEAU Rufus Wainwright: The Maker Make clip+ micro interview.

http://malcontent.biz/video/rufus-hi.wmv
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nate66

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Mer 5 Avr 2006 - 19:51

La première séparation entre Jack et Ennis ( août 1963 ) :

Un des moments les plus poignants du film (avec la scène finale) où je souhaitais tellement que Jack fasse demi-tour pour retrouver Ennis, pour un dernier au revoir plus conforme à leurs sentiments respectifs, sentiments qui crevaient déjà les yeux et l’écran.
Mais cette séparation trop sobre et trop rapide a été parfaitement exploitée pour introduire cette sublime scène, dont Heath Ledger assume magnifiquement le poids, nous montrant Ennis dans cette souffrance où ses entrailles, meurtries de laisser partir cet amour, s'imposent à sa maîtrise raisonnable et dépassionnée des sentiments : Cette scène nous rappelle, et surtout à ceux qui pensent que le sentiment amoureux peut être dicté par des questions de mœurs et de morale, que l'Homme n'est pas un esprit désincarné, qu'être amoureux c'est aliéner la moitié de son cœur à l'autre, cet autre dont l'absence se traduit alors bien souvent par cette torture qui prend au ventre, cette torture que vit Ennis. Le combat du cœur et de la raison dont cet homme est victime et qui rejaillit dans toute la suite du film, nous impose une question : mais que pouvait-il faire ?
La réponse est donnée dans le film : "faire avec", mais cette réponse nous laisse naturellement sur notre fin, elle n'est pas satisfaisante quand c'est l'amour qui est en jeu ; cette expres​sion(If you can't fix it you've got to stand it: quand on ne peut rien y faire, il faut vivre avec) prend alors une couleur éminemment cynique lorsque l'on pose le regard sur la cause de cette séparation "raisonnable", qui est la même que la cause de la séparation "criminelle" qui fait la fin du film : ce n'est pas une maladie aveugle, ce n'est pas une chute de cheval absurde, ce n'est pas le déchaînement incontrôlable de la nature qui vient creuser un rift entre eux deux, ce n'est pas ce déterminisme qu'est notre condition de mortel, non, c'est une barrière purement abstraite, construite intégralement par des hommes, par ce qui est censé pourtant être leur valeur ajoutée sur les animaux : la pensée ! C'est une question qui nous reste à la fin du film, hélas encore d'actualité : quel dieu pousse les hommes, soit disant dotés de l'intelligence et de la connaissance, conquises par le péché originel, à réprimer cette source de paix et de bonheur inoffensif – Aimer ! Comme un des plus grands maux au monde ? Le sentiment de malaise et de tristesse qui s'impose au terme de ce film n'aurait pas été si intense, et n'aurait d'ailleurs pas fait un film, si la séparation de ces deux êtres humains avait été causée par autre chose que... la bêtise humaine ! C'est, dans ce film et dans cette scène, ce qui s'impose à moi et qui me fait encore chialer !
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jorginho

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Dim 16 Avr 2006 - 15:56

Impression au soleil couchant

Hier soir, j'ai mis le DVD dans le lecteur pour la seconde fois et me suis laissé happer par l’histoire de Brokeback Mountain.
Comme on ouvre un album de famille à la recherche de souvenirs heureux, j’ai religieusement regardé, observé, guetté le moindre détail dans le film jusque dans le coin de l’image, persuadé qu’il y avait encore des choses à découvrir dans les sublimes plans de cette œuvre qui n’en finit pas de me hanter. Et bien en fait le moindre détail infinitésimal rempli mon cœur d’une joie simple et donc essentielle. Comme l’ombre des nuages qui caressent les hautes herbes où est allé s’isoler Ennis. Cette silhouette blanche, perdue dans la nature est plus expressive ou explicite qu’un million de mots ou de cris.

Dès le générique, ce plan large sur cette « lande » au petit jour, le titre, une note de guitare, puis la descente du camion de ce personnage, Ennis, que l’on aime déjà même avant de le savoir. 1963. Les premières notes de musique, dépouillées, à l’image de cette petite ville baignée de lumière dont le ciel azur et les nuages cotonneux dissimulent à peine l’ennui. Une ambiance à la Edward Hopper.



Pas un mot, juste les bruits alentour, et ce plan d’un jeune homme adossé au mur d’un préfabriqué dans l’attente de quelque chose - peut-être pas d’un travail à tout bien y penser – qui économise une demi-cigarette. Un train passe, puis arrivant de nulle part, on entend le moteur d’un vieux pick-up noir qui a fait son temps. Il se gare en toussant ses poumons, et l’homme qui en descend, a ce mot d’une telle banalité qu’il en devient poétique : Shit ! (Merde !).



Et puis quelque chose se passe, un mouvement langoureux, un demi-tour, mains sur les hanches, un regard, un appui contre le pick-up d’une sensuelle posture, une tête qui se baisse comme une reddition, une pensée cachée sous un chapeau noir, peut-être un Stetson. L’autre jeune homme, porte, lui aussi un chapeau, couleur crème, son regard en coin exprime à la fois curiosité et circonspection. Qui est ce type ? Pouvons nous lire dans ses petits yeux et sur ses sourcils qui se froncent. La symbolique du Yin et du Yang est plus qu'évidente dans le choix de la couleur des chapeaux.





Puis vient « l’entretien » d’embauche avec un patron plutôt bourru donnant ses ordres à deux garçons mutiques dont le regard, une fois de plus, trahi des milliers d’interrogations. Le blond est presque collé à la fenêtre, il semble inquiet, le brun se trouve presque à l’opposé, près de la porte, il ne répond que par ses grands yeux. Tous deux tiennent fébrilement leur chapeau de cow-boy comme s’ils confessaient déjà quelque péché inavouable, de la timidité ? Peut-être, ils n’ont que 19 ans après tout. Jack, au Stetson noir, a lancé un regard discret mais intéressé vers Ennis, comme qui dirait : « Ne t’inquiète pas, cet Aguirre est un con… »



Puis, retour vers la lumière, Jack s'adresse pour la première fois à son collègue de travail de sa voix un peu nasillarde, il se présente et tend la main, l’autre lui rend la politesse… « Ennis », dit-il d’une voix virile.
Ces voix sont devenues au fil du temps si familières qu’on les écoute en dégustant chaque intonation, chaque vibration comme une symphonie romantique. L’âme des personnages, leurs déchirures s’expriment aussi par leur voix (en anglais soit dit en passant).
Puis cette phrase qui brise la glace « Tes parents se sont arrêtés à Ennis ? » Le blond ajoute « Del Mar » Le spectateur sourit et succombe déjà. « Heureux de te connaître Ennis Del Mar » C’est direct et d’une touchante simplicité. On peut tous plus ou moins y voir un début de déclaration. J’imagine que dans la tête d’Ennis, cette formule a un écho particulier « quelqu’un s’intéresse à moi et est heureux de me connaître : je ne suis pas rien alors »



Ennis marche derrière Jack, j’irai où tu iras, semble dire ce plan. Nous sommes deux sur ce trottoir désert et qu’importe qu’il soit désert puisque nous sommes deux ! Le trottoir comme la parabole de leur vie.



Voilà… je peux m’arrêter là. Nous connaissons cette histoire. Nous avons adopté les personnages, parfois on se plait même à croire qu’ils ont existé. Ang Lee s’attarde sur les regards, les non-dits comme autant de déclarations passionnées : Ennis observant avec curiosité Jack sur son cheval d’un mouvement délicat de la tête ou s’attardant, depuis la rivière, sur ce petit point sur le flan de la montagne. Et Jack, seul dans la nuit, attiré par cette petite lueur au loin, Ennis Del Mar je pense à toi, lisons-nous dans ses yeux.





J’espère que le film gardera sa force et que le temps n’aura pas de prise sur l’émotion qu’il provoque. Il est sûr je le regarderai différemment demain, l’expérience de la vie ayant fait son œuvre. Mais je rêve, dans un an comme dans dix ans, d’être encore transporté par l’humanité de son propos. Quoiqu’il en soit, je sais que rien ne viendra affadir cette profonde sincérité des personnages. Leur amour transcendera les décades comme il a transcendé les sexes et les âges. Car une larme reste une larme. Ennis et Jack je vous aime.

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BG1



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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Dim 16 Avr 2006 - 17:15

Magnifique.... Sad Sad Sad
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dora 2 31

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Dim 16 Avr 2006 - 17:41

Jorginho,

Quel texte admirable et quelle sensibilité! Ils m'ont bouleverséé!
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dimitri14

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Dim 16 Avr 2006 - 19:01

jorginho a écrit:
Impression au soleil couchant

Hier soir, j'ai mis le DVD dans le lecteur pour la seconde fois et me suis laissé happer par l’histoire de Brokeback Mountain.
Comme on ouvre un album de famille à la recherche de souvenirs heureux, j’ai religieusement regardé, observé, guetté le moindre détail dans le film jusque dans le coin de l’image, persuadé qu’il y avait encore des choses à découvrir dans les sublimes plans de cette œuvre qui n’en finit pas de me hanter. Et bien en fait le moindre détail infinitésimal rempli mon cœur d’une joie simple et donc essentielle. Comme l’ombre des nuages qui caressent les hautes herbes où est allé s’isoler Ennis. Cette silhouette blanche, perdue dans la nature est plus expressive ou explicite qu’un million de mots ou de cris.

Dès le générique, ce plan large sur cette « lande » au petit jour, le titre, une note de guitare, puis la descente du camion de ce personnage, Ennis, que l’on aime déjà même avant de le savoir. 1963. Les premières notes de musique, dépouillées, à l’image de cette petite ville baignée de lumière dont le ciel azur et les nuages cotonneux dissimulent à peine l’ennui. Une ambiance à la Edward Hopper.



Pas un mot, juste les bruits alentour, et ce plan d’un jeune homme adossé au mur d’un préfabriqué dans l’attente de quelque chose - peut-être pas d’un travail à tout bien y penser – qui économise une demi-cigarette. Un train passe, puis arrivant de nulle part, on entend le moteur d’un vieux pick-up noir qui a fait son temps. Il se gare en toussant ses poumons, et l’homme qui en descend, a ce mot d’une telle banalité qu’il en devient poétique : Shit ! (Merde !).



Et puis quelque chose se passe, un mouvement langoureux, un demi-tour, mains sur les hanches, un regard, un appui contre le pick-up d’une sensuelle posture, une tête qui se baisse comme une reddition, une pensée cachée sous un chapeau noir, peut-être un Stetson. L’autre jeune homme, porte, lui aussi un chapeau, couleur crème, son regard en coin exprime à la fois curiosité et circonspection. Qui est ce type ? Pouvons nous lire dans ses petits yeux et sur ses sourcils qui se froncent. La symbolique du Yin et du Yang est plus qu'évidente dans le choix de la couleur des chapeaux.





Puis vient « l’entretien » d’embauche avec un patron plutôt bourru donnant ses ordres à deux garçons mutiques dont le regard, une fois de plus, trahi des milliers d’interrogations. Le blond est presque collé à la fenêtre, il semble inquiet, le brun se trouve presque à l’opposé, près de la porte, il ne répond que par ses grands yeux. Tous deux tiennent fébrilement leur chapeau de cow-boy comme s’ils confessaient déjà quelque péché inavouable, de la timidité ? Peut-être, ils n’ont que 19 ans après tout. Jack, au Stetson noir, a lancé un regard discret mais intéressé vers Ennis, comme qui dirait : « Ne t’inquiète pas, cet Aguirre est un con… »



Puis, retour vers la lumière, Jack s'adresse pour la première fois à son collègue de travail de sa voix un peu nasillarde, il se présente et tend la main, l’autre lui rend la politesse… « Ennis », dit-il d’une voix virile.
Ces voix sont devenues au fil du temps si familières qu’on les écoute en dégustant chaque intonation, chaque vibration comme une symphonie romantique. L’âme des personnages, leurs déchirures s’expriment aussi par leur voix (en anglais soit dit en passant).
Puis cette phrase qui brise la glace « Tes parents se sont arrêtés à Ennis ? » Le blond ajoute « Del Mar » Le spectateur sourit et succombe déjà. « Heureux de te connaître Ennis Del Mar » C’est direct et d’une touchante simplicité. On peut tous plus ou moins y voir un début de déclaration. J’imagine que dans la tête d’Ennis, cette formule a un écho particulier « quelqu’un s’intéresse à moi et est heureux de me connaître : je ne suis pas rien alors »



Ennis marche derrière Jack, j’irai où tu iras, semble dire ce plan. Nous sommes deux sur ce trottoir désert et qu’importe qu’il soit désert puisque nous sommes deux ! Le trottoir comme la parabole de leur vie.



Voilà… je peux m’arrêter là. Nous connaissons cette histoire. Nous avons adopté les personnages, parfois on se plait même à croire qu’ils ont existé. Ang Lee s’attarde sur les regards, les non-dits comme autant de déclarations passionnées : Ennis observant avec curiosité Jack sur son cheval d’un mouvement délicat de la tête ou s’attardant, depuis la rivière, sur ce petit point sur le flan de la montagne. Et Jack, seul dans la nuit, attiré par cette petite lueur au loin, Ennis Del Mar je pense à toi, lisons-nous dans ses yeux.





J’espère que le film gardera sa force et que le temps n’aura pas de prise sur l’émotion qu’il provoque. Il est sûr je le regarderai différemment demain, l’expérience de la vie ayant fait son œuvre. Mais je rêve, dans un an comme dans dix ans, d’être encore transporté par l’humanité de son propos. Quoiqu’il en soit, je sais que rien ne viendra affadir cette profonde sincérité des personnages. Leur amour transcendera les décades comme il a transcendé les sexes et les âges. Car une larme reste une larme. Ennis et Jack je vous aime.


jorginho, le film t'inspire encore de belles choses, heureux de te lire. Que d'émotions à fleur de peau derrière tes mots. Le forum offre donc encore des surprises! Oui on pourrait décortiquer chaque image du film tellement elles soulèvent nombre de questions. bounce
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nate66

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Lun 17 Avr 2006 - 10:38

Merci jorginho pour ces quelques lignes inspirées. On ne se lasse pas de lire des interprétations et de regarder les images du film. Comme disait quelqu'un c'est vrai que l'on a dit beaucoup de choses sur BBM et ces derniers temps le film était relégué au second plan sur le forum. Surprised
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jacktwits

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Lun 17 Avr 2006 - 11:43

jorginho a écrit:
Impression au soleil couchant

Hier soir, j'ai mis le DVD dans le lecteur pour la seconde fois et me suis laissé happer par l’histoire de Brokeback Mountain.
Comme on ouvre un album de famille à la recherche de souvenirs heureux, j’ai religieusement regardé, observé, guetté le moindre détail dans le film jusque dans le coin de l’image, persuadé qu’il y avait encore des choses à découvrir dans les sublimes plans de cette œuvre qui n’en finit pas de me hanter. Et bien en fait le moindre détail infinitésimal rempli mon cœur d’une joie simple et donc essentielle. Comme l’ombre des nuages qui caressent les hautes herbes où est allé s’isoler Ennis. Cette silhouette blanche, perdue dans la nature est plus expressive ou explicite qu’un million de mots ou de cris.

Dès le générique, ce plan large sur cette « lande » au petit jour, le titre, une note de guitare, puis la descente du camion de ce personnage, Ennis, que l’on aime déjà même avant de le savoir. 1963. Les premières notes de musique, dépouillées, à l’image de cette petite ville baignée de lumière dont le ciel azur et les nuages cotonneux dissimulent à peine l’ennui. Une ambiance à la Edward Hopper.



Pas un mot, juste les bruits alentour, et ce plan d’un jeune homme adossé au mur d’un préfabriqué dans l’attente de quelque chose - peut-être pas d’un travail à tout bien y penser – qui économise une demi-cigarette. Un train passe, puis arrivant de nulle part, on entend le moteur d’un vieux pick-up noir qui a fait son temps. Il se gare en toussant ses poumons, et l’homme qui en descend, a ce mot d’une telle banalité qu’il en devient poétique : Shit ! (Merde !).



Et puis quelque chose se passe, un mouvement langoureux, un demi-tour, mains sur les hanches, un regard, un appui contre le pick-up d’une sensuelle posture, une tête qui se baisse comme une reddition, une pensée cachée sous un chapeau noir, peut-être un Stetson. L’autre jeune homme, porte, lui aussi un chapeau, couleur crème, son regard en coin exprime à la fois curiosité et circonspection. Qui est ce type ? Pouvons nous lire dans ses petits yeux et sur ses sourcils qui se froncent. La symbolique du Yin et du Yang est plus qu'évidente dans le choix de la couleur des chapeaux.





Puis vient « l’entretien » d’embauche avec un patron plutôt bourru donnant ses ordres à deux garçons mutiques dont le regard, une fois de plus, trahi des milliers d’interrogations. Le blond est presque collé à la fenêtre, il semble inquiet, le brun se trouve presque à l’opposé, près de la porte, il ne répond que par ses grands yeux. Tous deux tiennent fébrilement leur chapeau de cow-boy comme s’ils confessaient déjà quelque péché inavouable, de la timidité ? Peut-être, ils n’ont que 19 ans après tout. Jack, au Stetson noir, a lancé un regard discret mais intéressé vers Ennis, comme qui dirait : « Ne t’inquiète pas, cet Aguirre est un con… »



Puis, retour vers la lumière, Jack s'adresse pour la première fois à son collègue de travail de sa voix un peu nasillarde, il se présente et tend la main, l’autre lui rend la politesse… « Ennis », dit-il d’une voix virile.
Ces voix sont devenues au fil du temps si familières qu’on les écoute en dégustant chaque intonation, chaque vibration comme une symphonie romantique. L’âme des personnages, leurs déchirures s’expriment aussi par leur voix (en anglais soit dit en passant).
Puis cette phrase qui brise la glace « Tes parents se sont arrêtés à Ennis ? » Le blond ajoute « Del Mar » Le spectateur sourit et succombe déjà. « Heureux de te connaître Ennis Del Mar » C’est direct et d’une touchante simplicité. On peut tous plus ou moins y voir un début de déclaration. J’imagine que dans la tête d’Ennis, cette formule a un écho particulier « quelqu’un s’intéresse à moi et est heureux de me connaître : je ne suis pas rien alors »



Ennis marche derrière Jack, j’irai où tu iras, semble dire ce plan. Nous sommes deux sur ce trottoir désert et qu’importe qu’il soit désert puisque nous sommes deux ! Le trottoir comme la parabole de leur vie.



Voilà… je peux m’arrêter là. Nous connaissons cette histoire. Nous avons adopté les personnages, parfois on se plait même à croire qu’ils ont existé. Ang Lee s’attarde sur les regards, les non-dits comme autant de déclarations passionnées : Ennis observant avec curiosité Jack sur son cheval d’un mouvement délicat de la tête ou s’attardant, depuis la rivière, sur ce petit point sur le flan de la montagne. Et Jack, seul dans la nuit, attiré par cette petite lueur au loin, Ennis Del Mar je pense à toi, lisons-nous dans ses yeux.





J’espère que le film gardera sa force et que le temps n’aura pas de prise sur l’émotion qu’il provoque. Il est sûr je le regarderai différemment demain, l’expérience de la vie ayant fait son œuvre. Mais je rêve, dans un an comme dans dix ans, d’être encore transporté par l’humanité de son propos. Quoiqu’il en soit, je sais que rien ne viendra affadir cette profonde sincérité des personnages. Leur amour transcendera les décades comme il a transcendé les sexes et les âges. Car une larme reste une larme. Ennis et Jack je vous aime.


mais vocè fica bien inspirado amigo.
nao mude nada. tudo e tan bonito no
suo texto. vocé e un artista, menino!
boa pascua para vocé.
sunny
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jorginho

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Mer 19 Avr 2006 - 23:30

sunny Merci à tous sunny









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NYCO

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Mer 19 Avr 2006 - 23:48

tu as un don jorginho,merci de nous le faire partager! I love you
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jacktwits

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Jeu 20 Avr 2006 - 12:07

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Nanie

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Jeu 20 Avr 2006 - 15:19

C'est juste une lueur
qui nous frôle un instant
un souvenir du coeur
simplement

c'est juste un peu de brume
qui s'en va un moment
un feu qui se rallume
doucement

Dans tous mes rêves je peux vous dire
Je vous retrouve un peu
chaque jour je tiens le fil entre nous

Dans tous mes rêves pouvez me croire
je vous retrouve un peu
chaque pas je suis la ligne entre nous
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jorginho

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Jeu 20 Avr 2006 - 15:26

Ennis où es-tu? Je me sens bien seul... comme ce pont qui doit parfois, lui aussi, se demander à quoi il sert, perdu au milieu des sapins...

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Nanie

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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Jeu 20 Avr 2006 - 15:32

Sad Sad
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MessageSujet: Re: L'amour n'a pas de règles   Jeu 20 Avr 2006 - 15:36

Jorginho,

TU N'ES PAS SEUL.

Tu es avec nous et on est avec toi.
Comme moi, comme nous, tu es un chevalier de Brokeback Mountain.

sunny
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